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"DIBUJOS DE ALCOBA / DESSINS DE CHAMBRE / ROOM DRAWINGS" par CEESEPE. Editions Cubinas, Madrid. 1990.
Ref LIL0063

DIBUJOS DE ALCOBA

€90.00Prix
  • "DIBUJOS DE ALCOBA / DESSINS DE CHAMBRE / ROOM DRAWINGS" par CEESEPE. Editions Cubinas, Madrid. 1990. Fort in-4, couverture cartonnée blanche illustrée. 318 pages. Texte trilingue espagnol / français / anglais, illustré de reproductions photographiques in-texte et 231 dessins noir & blanc pleine page, certains en double page de Ceesepe.

    "La réalité? Mon Dieu, quelle stupidité! Ma vie aux hôtels a été une bonne vie, oui monsieur, la meilleure. Il y a un hôtel luxueux dont la suite nuptiale est pleine de cafards. Des pensions parisiennes qui restent ouvertes pendant toute la nuit pour qu'on peut monter à sa chambre et pleurer sa désillusion, regarder comment les quatre coins sont vides et ressortir dans la rue pour continuer son chemin. Des meublés barcelonais que je ne souhaiterai pas à mon pire ennemi. Des hôtels méditerranéens dans le sud portugais dont les halls sont ornés de peinture à moi. Des valets de chambre qui te vendent n'importe quoi sans qu'il te faille sortir du lit. Des hôtels munis de belles fontaines et de piscines d'où on peut voir la mer : des saunas, du gin-tonic, des films pornos et des fuites d'eau. La réalité? Qui en a besoin? Qu'elle s'en aille, personne ne l'a appelé ici. Laissez-moi m'envoler d'hôtel, en faisant mon nid dans des lits doubles, des chambres avec baignoire ou pas, je ne referai plus un lit tant que je vivrai. Donnez-moi trois plumes, de l'encre et un cahier et je remplirai vos tables de nuit avec mes livres de dessins pour des cœurs solitaires. Je dépeindrai mes rêves, l'un après l'autre, avec la précision d'un peintre de la Renaissance. Sur un fond de ville différentes je peindrai mille caprices, avec mes yeux fermés et ma fenêtre ouverte sur le sud. Ecris-moi, ne me pleure pas, achète deux passage à Istanbul pour mardi prochain. Dis à l'hôtesse de l'air qu'elle doit mettre un parachute à la certitude et le petit déjeuner à neuf heures trente et, surtout, quand tu t'en ailles accroche l'affiche de "ne pas déranger" sur la porte, par ce qu'il y a trop de réalistes en liberté." MA VIE AUX HÔTELS, Ceesepe, Mai 1990. Ref LIL0063